lundi 16 novembre 2015

PRAY FOR PARIS



Je ne sais pas par quoi commencer, et pourtant j'ai tellement de choses à dire. Voilà bientôt 72h que Paris a connu ces atrocités du 13 novembre et aujourd'hui encore je suis toujours incapable de poser les mots sur ce que je ressens. 

Je suis passée par tous les sentiments depuis vendredi soir, j'ai eu peur pour mes proches, mes amis présents au Stade de France et pour Maxime qui était en pleins concert au Zénith de Paris avec un ami à nous. Aussi égoïste que cela puisse paraître j'ai aussi eu peur pour moi même, étant de sortie dans le cœur de Paris, j'ai eu peur qu'il m'arrive quelque chose et de faire subir ça à mes proches. Mes parents, mes sœurs, des amis, beaucoup m'ont appelée et je m’efforçais de ne pas paniquer pour les rassurer alors que tout ce dont j'avais réellement besoin c'était de l'être moi-même.

Une fois réfugiée dans un hôtel, devant toutes les chaines d'info possibles et imaginales, j'ai commencé à ressentir de la souffrance en découvrant les vidéos, les images et les témoignages en boucle. Toutes ces personnes terrorisées, blessées, mourantes où déjà parties, j'ai tellement eu mal pour eux, pour leurs proches.
Je ne sais pas si c'est malsain ou non, mais je n'ai pas pu m'empêcher de regarder toutes les vidéos qui passaient sur mon twitter. On dit que nous sommes la génération de l'information et je suis d'accord avec ça, quand bien même ces images m'ont certainement marquée à vie, je crois qu'au fond elles font réaliser ce qu'il s'est réellement passé et nous sortent de notre bulle. Quand on y pense ces images glaçantes sont pourtant similaires voir même moins horribles à coté de ce que nous sommes habitués à voir de nos jours à la télé (étant une grande fan de The Walking Dead je sais de quoi je parle). Et pourtant ces images là, celles qui sont bien réelles, elles m'ont complètement glacé le sang, j'ai retenu ma respiration à chaque fois que je tombais de nouveau dessus, comme si ça allait atténuer l’atrocité qu'on y voyait.

Je fais partie de la génération de l'information et je l'ai bien compris ce vendredi soir, quand j'actualisais mon compte Twitter toutes les dix secondes, comme si je m'attendais aveuglement à apprendre que tout était faux, qu'il s’agissait d'un mouvement de panique ou encore qu'il n'y avait pas de morts ni de blessés graves. Mais ce tweet là n'est jamais venu... 

J'en ai vu défiler des tweets dans ce week-end, j'ai vu énormément de solidarité et ça ça m'a touché et parmi eux il y avait les avis de recherches des proches qui recherchaient les leurs. J'ai vu leurs photos défiler toute la journée de samedi et même dimanche, j'ai reconnu les visages, les prénoms, et tout ça pour apprendre plusieurs heures après qu'il étaient presque tous plus de ce monde. J'ai pleurer pour chaque nouvelle annonce pour des gens que je connaissais même pas, et j'ai versé un énorme souffle de soulagement et une larme de joie dès que j'apprenais que quelques chanceux (mais bien trop peu) avaient retrouvé leurs proches en vie.

J'ai ressenti la rage, contre ces personnes, contres ceux qui ont porté lâchement ces armes contre des innocents vendredi soir et ont détruit des familles, mais aussi une ville et tout un pays. Cette colère s'est étendu sur tout les responsables, les revendicateurs de cette atrocité, eux et tout ce qu'ils représentent. Je n'ai jamais souhaité de mal à personne dans ma vie autant que je le souhaite à ces gens là désormais. Mes mots sont forts et pourtant je ne m'en excuse pas, mais c'est tout ce que je souhaite à ces barbares, la mort est trop douce pour eux, je voudrais les voir souffrir et pleurer comme ils ont fait pleurer mon pays.

Enfin, le dernier sentiment que j'ai ressenti ce week-end est de l'émotion. J'ai été énormément touchée par tout le soutien que le monde entier nous à apporté. J'ai vu mes couleurs partout dans le monde, fièrement levées en mémoire pour nos morts et aussi pour nous encourager. J'ai même personnellement reçu des messages, des mails, des commentaires de lecteurs et même de marques du monde entier et c'est cette solidarité là dont je veux me souvenir.

J'ai choisi d'écrire cet article parce que je n'avais absolument aucune envie de poster autre chose d'habituel. Je n'avais pas le cœur à ça. Mais je crois aussi que j'avais besoin d'écrire ce que je ressentais, de le mettre par écrit pour ne pas l'oublier, et poster ça ici est un choix que je fais pour moi-même. 
Poster un nouvel article de tenue, même dans plusieurs jours, sans avoir fait aucune "transition" sur ce qui s'est passé après ce week-end me semble impossible. J'écris cet article pour qu'il y ait quelque chose entre l'avant 13 novembre et l'après. Mon blog m'a toujours reflété (qui je suis, mes sentiments, mes inspirations) et à partir d'aujourd'hui tout sera toujours différent, il y aura toujours un avant et un après cette date, et j'ai besoin que ce soit visible ici aussi.

On ne réagit pas tous de la même manière, j'aimerais que vous en soyez conscient. Samedi soir quand je suis rentrée chez moi, je n'étais vraiment pas bien, et de voir mon copain tranquillement assis en train de jouer à la console m'a rendu d'abord folle de rage. Et puis je me suis remise en question, on est tous différents et il faut le respecter.
Certains d'entre nous ont été beaucoup plus touchés que d'autres et s'en remettent plus difficilement, et inversement, il faut le respecter. Je ne pense pas que ça soit une histoire de "force" mais simplement de personnalité. Nous sommes tous différents et nous le seront toujours. 

J'ai vu des amis sortir et faire la fête ce week-end, et même si mon instinct à voulu d'abord crier à l'incompréhension, au fond tout ce que je ressentais vraiment c'était l'envie d'être à leurs places et d'être capable de recommencer à sourire et m'amuser à nouveau si vite. 
Alors s'il vous plait, respectez-vous. Respectez ceux qui vont encore mal, ceux qui vont bien, ceux qui ont besoin d'en parler, ceux qui n'en ont pas envie, ceux qui se changent les idées, et ceux qui essayent honorablement de nous les changer à nous.

Je ne vous dis pas merci, seulement bon courage à tous. Peu importe qui vous êtes, d'où vous venez où quelles sont vos croyances : simplement bon courage pour ces jours tristes. Plus particulièrement bon courage aux personnes qui ont perdu quelqu'un, et enfin un énorme "Repose en paix" pour toutes ces personnes parties injustement.

Cet article contient certainement des fautes. Ce qui m'arrive régulièrement quand je ne me relis pas. Mais là tout de suite, j'ai réussi à prendre mon courage pour écrire, mais il n'est pas assez grand pour me relire. Alors si c'est le cas j'en suis désolée.


Pray for Paris.                         

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